À l’occasion de la Semaine nationale du Handikayak, le Comité Régional de Canoë-Kayak du Grand Est met en lumière celles et ceux qui font vivre et développer le handikayak et le paracanoë sur notre territoire : clubs, bénévoles, éducateurs, dirigeants, pratiquants et sportifs. Pendant 7 jours, découvrez leurs témoignages, leurs réussites et les initiatives qui rendent notre sport plus accessible à tous.
Pour ce 7ᵉ et dernier épisode, entretien avec Edith ALBERTS, présidente de la Commission Régionale Handikayak. Elle revient sur les enseignements de cette semaine de valorisation, les actions menées sur le territoire et les perspectives de développement du handikayak et du paracanoë dans le Grand Est.
Quel bilan tires-tu de cette Semaine du Handikayak 2026 et de la série de portraits et témoignages diffusés tout au long de la semaine ?
Le bilan de cette Semaine du Handikayak 2026 est très positif, car elle a permis de rendre visibles des actions parfois anciennes, solides et structurantes, mais encore trop peu connues. La série de portraits et de témoignages a montré que le handikayak et le paracanoë ne reposent pas sur une action ponctuelle, mais sur un engagement durable des clubs, des bénévoles, des encadrants, des pratiquants, des familles, des partenaires médico-sociaux et des collectivités.
Selon toi, qu’est-ce que ces contenus et initiatives ont permis de mettre en lumière sur le territoire du Grand Est ?
Ces contenus ont permis de mettre en lumière la diversité des réalités du territoire Grand Est. On y retrouve à la fois des clubs engagés depuis plus de 20 ans, des pratiquants qui découvrent l’activité après un accident ou un parcours de vie particulier, des sportifs de haut niveau engagés vers les échéances internationales, mais aussi des structures qui construisent progressivement une vraie culture de l’accueil pour tous.
Cette semaine a aussi rappelé que l’inclusion ne se limite pas à l’accès à l’eau : elle concerne l’accessibilité des sites, le matériel, la formation des encadrants, la sécurité, l’accompagnement humain, la vie de club et la capacité à proposer des parcours adaptés, du loisir à la performance.
Quels sont aujourd’hui les principaux défis pour poursuivre le développement du handikayak et du paracanoë en Grand Est ?
Les principaux défis sont aujourd’hui de changer d’échelle. Plusieurs clubs sont déjà très investis, mais l’enjeu est de diffuser cette dynamique plus largement sur le territoire. Il faut continuer à lever les freins matériels, financiers, humains et réglementaires : disposer de pontons adaptés, de bateaux et d’équipements spécifiques, former davantage d’encadrants, sécuriser les conditions de pratique, développer les partenariats avec les établissements spécialisés et mieux accompagner les clubs qui souhaitent se lancer mais ne savent pas toujours par où commencer.
Quels leviers te semblent prioritaires pour renforcer l’accueil et l’accompagnement des pratiquants en situation de handicap dans les clubs ?
Les leviers prioritaires sont clairement identifiés.
- Le premier est la formation, car l’accueil de personnes en situation de handicap demande des compétences, de l’écoute et une capacité d’adaptation.
- Le deuxième est la mutualisation : les clubs les plus expérimentés peuvent devenir des points d’appui pour les autres, en partageant leurs outils, leurs contacts, leurs bonnes pratiques et leurs retours d’expérience.
- Le troisième est l’accompagnement régional, afin d’aider les structures à construire des projets réalistes, progressifs et durables. Enfin, le développement de partenariats avec les établissements médico-sociaux, les Maisons Sport Santé, les collectivités et les acteurs du handicap doit rester une priorité.
Quels projets concrets sont déjà engagés ou prévus dans les mois à venir au niveau régional ?
Plusieurs projets concrets sont déjà engagés ou identifiés. On peut citer l’organisation de temps forts inclusifs, le développement de séances avec des établissements spécialisés, les projets autour du dragon boat et des embarcations collectives, la structuration de partenariats avec des centres d’éducation motrice ou des Maisons Sport Santé, la poursuite de démarches de labellisation comme « Tourisme & Handicap », ainsi que l’accompagnement de sportifs engagés dans des parcours de performance jusqu’aux grandes échéances internationales.
Enfin, quel message souhaites-tu adresser aux clubs et aux acteurs du territoire pour poursuivre cette dynamique inclusive ?
Le message à adresser aux clubs et aux acteurs du territoire est simple : l’inclusion se construit pas à pas, mais elle devient possible dès lors qu’un collectif s’engage. Chaque club peut avancer à son niveau, en commençant par une rencontre, une séance découverte, un partenariat local, une formation ou une adaptation progressive de son site.
Le rôle du Comité Régional est d’accompagner cette dynamique, de valoriser les initiatives existantes et de créer les conditions pour que de plus en plus de personnes en situation de handicap puissent découvrir, pratiquer, progresser et s’épanouir dans nos sports de pagaie.
Cette Semaine du Handikayak 2026 a montré que le Grand Est dispose déjà de bases solides. L’enjeu, désormais, est de transformer ces belles initiatives en une dynamique régionale encore plus lisible, partagée et durable.
